Trouble dysphorique prémenstruel : l’identifier, le comprendre et l’apprivoiser pour vivre avec

Penser au suicide chaque mois, souffrir d’hypersensibilité de façon cyclique ou encore être sujette à des insomnies plusieurs jours avant vos menstruations sont autant de symptômes qui doivent vous alerter. Le trouble dysphorique prémenstruel touche entre 3 et 8 % des femmes réglées. Cette forme sévère du syndrome prémenstruel génère un profond mal-être chez les femmes qui en souffrent. Bertyne vous explique en quoi consiste le TDPM et comment l’apprivoiser pour vivre avec.

Qu’est-ce que le trouble dysphorique prémenstruel ?

Définition

Le trouble dysphorique prémenstruel, également appelé TDPM, correspond à une forme beaucoup plus prononcée du syndrome prémenstruel, SPM, que connaissent bien la plupart des femmes.

Généralement, le TDPM apparaît vers l’âge de 30 à 35 ans et peut durer jusqu’à la ménopause. Il disparaît pendant une grossesse.

Périodicité

Plus précisément, le TDPM se ressent au moment de la phase lutéale du cycle féminin. La phase lutéale commence à partir de l’ovulation, dure environ 14 jours, jusqu’à l’arrivée des règles. C’est la période de fécondité du cycle menstruel.

Durant la période folliculaire, comprise entre le 1er jour des règles et l’ovulation, les symptômes caractéristiques du trouble dysphorique prémenstruel disparaissent.

Intensité

Le syndrome prémenstruel peut être géré par la plupart d’entre nous par la prise de paracétamol, la réalisation de séances de relaxation ou une alimentation plus adéquate pendant cette période. En revanche, le TDPM représente une véritable souffrance qui bouleverse le quotidien.

Vous avez peut-être déjà été confronté à la traditionnelle remarque : « Mais tu as tes règles ou quoi ? », alors même que vous étiez un peu énervée. Avec le TDPM, il serait déplacé de dire que la question prend tout son sens, mais les symptômes peuvent être si forts, violents et surtout observables par tous qu’elle en deviendrait presque légitime.

Quelles différences observer entre le TDPM et le SPM ?

Symptômes du SPM

Les symptômes suivants s’observent durant le syndrome prémenstruel :

  • Maux de ventre et crampes
  • Gonflement des seins
  • Jambes lourdes
  • Problèmes digestifs
  • Sensation de fatigue
  • Irritabilité
  • Vulnérabilité émotionnelle
  • Etc.

Une femme peut souffrir d’un ou de plusieurs de ces signes caractéristiques de l’arrivée des règles. Certaines n’en ressentiront aucun.

Symptômes du TDPM

Le TDPM correspond à un syndrome prémenstruel amplifié à l’extrême. Les symptômes ressemblent à ceux du SPM, notamment en ce qui concerne l’aspect psychologique et émotionnel :

  • Fortes variations de l’humeur allant de la tristesse jusqu’à la dépression et à l’envie de suicide, sans raison apparente
  • Irritabilité aiguë, agressivité et colère
  • Conflits relationnels
  • Désintérêt pour la plupart des activités, même les plus appréciées de la personne souffrant d’un TDPM
  • Fatigue intense alternant avec des phases d’insomnie
  • Sentiment de perte de contrôle et crise de panique
  • Besoin de protection exacerbé
  • Modification du désir sexuel

Toutefois, le TDPM ne met pas en évidence une intensification importante des symptômes physiques et des douleurs, comme ça peut être le cas avec une endométriose.

Le TDPM n’entraîne pas de variation dans la durée des menstruations ou leur volume. Afin de ressentir un plus grand bien-être et de prendre soin de votre corps et de votre santé, l’utilisation de protection hygiénique durable s’impose. Une culotte de règle douce, confortable et sûre vous aidera à penser moins souvent à votre cycle et aux troubles qui l’accompagnent.

Des points communs entre SPM et TDPM

Le TDPM, comme le syndrome prémenstruel, ne se manifeste pas toujours avec la même intensité. Pour les femmes qui en souffrent, un mois qui se passe relativement bien représente chaque fois une victoire et un espoir de sortir de ce cycle infernal.

Le trouble dysphorique prémenstruel surprend aussi par la rapidité de son apparition, rendant la recherche de solutions d’autant plus difficile. En quelques heures, une personne stable émotionnellement peut sombrer dans un état de dépression grave. Le SPM est beaucoup plus progressif et ne dure que quelques jours.

Avec un TDPM qui se manifeste la moitié du mois, la vie des femmes qui en sont atteintes est particulièrement perturbée. Il peut être à l’origine d’un isolement social et de problèmes au travail. Les relations peuvent également se compliquer sur le plan familial. L’entourage souffre beaucoup de cette situation. Imaginez que vous craignez chaque mois que votre partenaire se suicide alors que tout va bien dans votre vie commune.

Quels mécanismes sont en cause dans le déclenchement du TDPM ?

Les études scientifiques sur l’analyse des causes et des facteurs déclencheurs du TDPM en sont encore à leurs balbutiements.

Le TDPM est lié sans aucun doute à une variation hormonale. Toutefois, les personnes qui en souffrent présentent des taux hormonaux qui ne permettent pas de les différencier des sujets non atteints.

Ainsi, les scientifiques supposent que c’est davantage la vulnérabilité du système nerveux aux variations hormonales qui est en cause. De la même manière qu’en réaction à un virus, certains seront alités une semaine alors que d’autres ne ressentiront aucun effet, la science ne peut pas expliquer avec certitude ces différences.

Les psychologues qui se penchent sur la question du syndrome dysphorique prémenstruel émettent l’hypothèse qu’une forte exposition au stress, ainsi qu’un lourd passé psychologique, peut entraîner le déclenchement du TDPM.

Le trouble dysphorique prémenstruel peut-il être assimilé à une maladie mentale ?

Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, DSM-5, ouvrage de référence en psychiatrie, considère depuis 2013 le TDPM comme un trouble de l’humeur.

De là à affirmer qu’il s’agit d’une maladie mentale, le fossé est large. Le TDPM relève d’un problème neuroendocrinien selon Richard Bergeron, psychiatre québécois, actif dans la recherche d’explications pour comprendre le trouble dysphorique prémenstruel.

Toutefois, la reconnaissance de ce problème qui affecte les femmes menstruées permet un premier pas vers la prise en compte des difficultés occasionnées dans leur quotidien.

Reconnaître et accepter représente des étapes indispensables pour apporter un traitement adapté.

Quels sont les traitements possibles pour apaiser les symptômes prémenstruels aigus ?

Les bonnes pratiques

Une bonne hygiène de vie avec un régime alimentaire équilibré, une activité physique régulière, des nuits de sommeil complètes et peu de stress contribuent à réduire la plupart des maux. Toutefois, cela ne suffit pas à supprimer un TDPM.

Les thérapies cognitives et comportementales apprennent aux patientes à gérer leurs émotions et leurs réactions. Elles aident peu lorsque des émotions très intenses et rapides surviennent.

Les traitements hormonaux

La baisse de la sérotonine, l’hormone régulatrice du sentiment de bien-être, pourrait être en cause. La prise de suppléments hormonaux, progestérone, œstrogène, etc. ne donne pas de résultats concluants.

Toutefois, un contraceptif oral à base de drospirenone contenant un faible taux d’œstrogène parvient à baisser l’intensité des crises chez certaines femmes.

Les cas les plus graves peuvent nécessiter l’injection d’hormones afin de créer une situation de ménopause temporaire.

Les antidépresseurs

Les antidépresseurs faiblement dosés contenant un inhibiteur de la recapture de la sérotonine ou de la noradrénaline, tels que le Prozac, ont fait leurs preuves.

Ils sont à prendre pendant la phase lutéale et donnent des résultats sous 24 à 48 H. Leur prise doit se limiter à la période de trouble dysphorique prémenstruel.

Ils ne représentent toutefois pas une solution à long terme

La chirurgie de retrait des ovaires

Quand les médicaments ne donnent aucun résultat ou que des effets secondaires apparaissent, la chirurgie de retrait des ovaires correspond à l’ultime mesure envisageable.

L’utérus est souvent retiré conjointement et la situation de ménopause qui se met en place doit être traitée par la prise d’œstrogènes.

Comme vous le comprendrez aisément, aucune solution efficace, durable et sans conséquences néfastes sur la santé générale n’existe pour soulager le TDPM.

Où s’informer sur le trouble dysphorique prémenstruel ?

À l’instar de l’endométriose et de tous les symptômes qui affectent les femmes pendant leur période de fécondité, la prise de conscience constitue le premier pas vers une plus grande considération des problèmes rencontrés. Des solutions pourront ensuite peu à peu se dessiner.

Sensibiliser les gynécologues, autant que les médecins généralistes et les psychologues, s’impose pour une meilleure prise en charge des patientes.

La puissance d’Internet permet à de nombreuses femmes souffrant de TDPM de s’informer, d’instruire leur entourage et de trouver des stratégies pour vivre mieux leurs menstruations et se sentir moins seules.

Parmi les comptes Instagram les plus suivis sur le trouble dysphorique prémenstruel, on retrouve :

  • Tdpmetmoi, compte Instagram créé en 2019 par Priscilla Lubin, une pionnière sur cette thématique. Elle informe et soutient les femmes qui éprouvent des difficultés lors de leur cycle menstruel
  • SPMtamere, compte Instagram créé par Leslye Granaud sur le sujet du syndrome prémenstruel et du TDPM. Les visuels sont chocs, mais le message passe puisque ce compte dénombre une communauté de 94 000 abonnés !
  • Groupe privé Facebook TDPM qui apporte du soutien et de l’information à toutes les femmes souffrant d’un trouble dysphorique

Le trouble dysphorique prémenstruel doit être pris au sérieux pour permettre à celles qui en souffrent de mieux vivre leur quotidien.

Bertyne vous accompagne dans votre vie de femme, aussi bien dans les bons moments que les plus difficiles. Prenez soin de vous, car votre corps et votre santé sont précieux. Ils nécessitent toute votre attention et votre indulgence.

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